Un réseau de femmes au Sénégal se mobilise pour dénoncer les viols

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Penda Ndiaye, leader communautaire au Sénégal.

 

À Pikine, au Sénégal, un groupe de femmes s’organise pour aider les victimes de violences et de viols à dénoncer leurs agresseurs. Penda Ndiaye fait partie de ces femmes leaders qui œuvrent pour des communautés plus sécuritaires et équitables. Nous l’avons rencontré.  

 

Penda Ndiaye œuvre au sein de la société civile sénégalaise depuis de nombreuses années.  

En 2016, souhaitant s’attaquer aux problèmes d’inégalités, elle  suit une formation d’Equitas sur le guide d’action Andandoo! pour la participation citoyenne des jeunes et des femmesL’objectif de ce guide est d’aider à la mise en place d’actions communautaires basées sur la promotion et la protection des droits humains, et particulièrement axées sur l’autonomie des femmes et des filles.  

Suite à la formation, Penda, accompagnée d’autres animatrices et animateurs communautaires,  décide d’agir sur l’enjeu des viols à Pikine, deuxième ville du pays. Leur action communautaire  cible le quartier El Hadj Paté, un quartier assez éloigné, pauvre et difficile de la banlieue où les problèmes d’agression et de viol sont très présents.  

Les animatrices et animateurs, dont Penda faisait partie, ont travaillé avec un groupe dynamique comprenant des femmes et des jeunes avec qui ils ont mené la démarche du guide d’action Andandoo!.

« On a posé le problème et c’est [les femmes de l’association] qui ont fait l’essentiel du travail parce qu’elles ont recensé des cas de viol et nous ont parlé des difficultés qu’elles ont. […] Elles disaient qu’elles ne savaient pas, s’il y avait viol, à qui s’adresser, comment faire. » 

Les animatrices et animateurs leur ont expliqué, entre autres, les démarches à suivre pour déclarer un viol. L’association est devenue autonome par la suite. « Actuellement, elles sont sur la lancée. », explique Penda.  

Un réseau de solidarité et de vigilance 

Penda soutient que sa participation à la formation d’Equitas a été bénéfique pour son implication  dans un rôle de leadership au sein de la société civile.

La formation « m’a permis de renforcer mes capacités, m’a permis aussi de renforcer mon leadership et de pouvoir descendre à la base et de pouvoir communiquer avec toutes les couches de la société. »   

Penda a également partagé cette expérience de formation auprès des membres de son réseau pour former d’autres relais capables d’intervenir dans le quartier. Par exemple, une femme de l’association de Penda a été informée par un voisin qu’il soupçonnait qu’un de ses colocataires maltraitait son épouse. Cette femme mineure était d’origine guinéenne et ne parlait pas le wolof, la langue locale. La membre de l’association s’est rendue sur place pour vérifier les faits. Elle a ensuite alerté le commissariat. La police a convoqué le couple en maintenant l’anonymat et a su régler la situation. Selon Penda, « sans la formation que nous avons eue avec Equitas, on n’aurait pas pu former ces femmes-là [les gens de notre association] pour qu’elles puissent maintenant jouer ce rôle-là au niveau de leur quartier. » 

Au niveau communautaire, Penda a constaté que, suite à l’activité du groupe, les gens ont commencé à dénoncer les viols. Les dénonciations ont été faites autant au niveau des radios communautaires, de la police, que dans les associations de femmes et de droits humains. « Maintenant, les populations ont compris les problématiques juridiques et savent quand elles ont des problèmes, qu’elles peuvent maintenant aller au niveau de la police ou la gendarmerie et que la police n’est pas là uniquement […] pour faire de la répression, mais ils sont à l’écoute des populations, ils sont là pour les protéger ». Elle a également constaté que les populations participent davantage à la promotion de l’égalité au niveau communautaire, notamment dans les groupes de comités de vigilance qui travaillent de pair avec les autorités judiciaires et administratives.  

Grâce aux outils de l’éducation aux droits humains, Penda fait grandir un réseau de femmes leaders qui œuvrent pour la promotion du respect des droits humains et contribuent à la création de communautés plus sécuritaires et équitables. 

 

Le programme Renforcer l’éducation aux droits humains à l’échelle globale d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, ainsi qu’avec le soutien du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.

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