Enseigner les droits humains aux jeunes réfugiés en Jordanie 

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KHALIL RADWAN – JORDANIE

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

 

Histoire aussi disponible en arabe »

« Je crois fermement que l’éducation aux droits humains est le chemin vers le développement, le chemin vers la paix et le chemin vers une vision partagée entre pays », affirme Khalil Radwan.

Khalil est né à Hébron, en Cisjordanie, et vit maintenant en Jordanie. Il a travaillé comme professeur auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA) pour les réfugiés palestiniens, avant de devenir le responsable de l’enseignement des langues arabes dans les écoles. En l’an 2000, l’UNRWA a mis en place un programme d’éducation aux droits humains et l’a nommé chargé de programme. Il a supervisé à ce titre 167 écoles en Jordanie. En 2008, il a été promu comme conseiller régional en éducation aux droits humains dans les écoles de Jordanie, de Syrie, du Liban, de Cisjordanie et de Gaza. Un programme unique portant sur les droits humains, la tolérance et la résolution non violente de conflits a été mis sur pied dans les établissements d’enseignement. Il a quitté l’UNRWA en 2013 et il est maintenant travailleur autonome auprès de plusieurs ONG en Jordanie, dont le Jordan Center for Civic Education et le Arab Network for Human Rights and Civic Education, affilié à Equitas.

Lorsqu’il travaillait pour l’UNRWA, Khalil a mis sur pied des parlements scolaires dans les écoles de l’UNRWA, ce qui a permis aux élèves de mettre en pratique leur droit à la participation. À l’époque, il y avait des quotas qui limitaient le nombre de femmes au Parlement. En éduquant les filles à connaître leurs droits et leurs responsabilités à un âge précoce, on espère qu’elles seront plus enclines à faire entendre leurs voix et à revendiquer leurs droits. Après la tenue d’élections dans une des écoles, une jeune fille, qui avait été élue présidente du parlement scolaire et qui prenait son rôle très au sérieux, a écrit une lettre au président du Parlement jordanien demandant une rencontre pour qu’elle et ses collègues puissent partager leurs expériences et discuter de plusieurs problématiques. Khalil a agi à titre d’intermédiaire et la rencontre a eu lieu. Le chef du Parlement jordanien a été étonné par l’étendue des connaissances des filles sur diverses questions d’intérêt public. Un autre étudiant de Khalil a aussi organisé une réunion avec l’un des représentants du Roi. Certaines des filles ont aujourd’hui des diplômes universitaires.

 

 

Khalil évalue l’impact de l’éducation aux droits humains auprès de ses élèves en leur posant des questions sur leurs attitudes et leurs opinions concernant des personnes d’autres nationalités et religions. Il pose les mêmes questions avant et après les activités d’éducation aux droits humains pour en mesurer les effets. Il a constaté que, après avoir reçu la formation, les élèves percevaient les personnes d’autres nationalités comme des amis et en sont venus à établir des liens avec ceux-ci. Parmi ces élèves, plusieurs travaillent aujourd’hui pour des organisations de défense des droits humains.

En 2014, Khalil a participé au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Équitas à Montréal, au Canada, une formation de trois semaines avec des éducateurs aux droits humains provenant de partout dans le monde. « J’ai beaucoup appris d’Equitas, de leurs outils et de leur méthodologie, notamment pour planifier et organiser des ateliers de grande envergure. J’ai appris à adopter une approche participative, et ce, de la bonne manière. Que ce soit à titre de participant à une formation ou comme formateur pour des ONG, j’ai employé ces techniques et j’en ai développé de nouvelles dans la majorité des activités que j’ai conçues. Le résultat était meilleur que je ne l’avais envisagé au départ ».

Plusieurs Syriens vivent en Jordanie et le niveau de présence à l’école est faible. Après que les enseignants ont adopté les techniques d’Equitas enseignées par Khalil, on a remarqué une fréquentation scolaire plus élevée. Les enfants avouaient aimer l’école de nouveau. « Je me considère comme un agent de changement. Je pense que la nouvelle génération sera plus passionnée par la défense des droits humains », déclare Khalil.

 

 


KHALIL RADWAN – Jordanie 

Conseiller en éducation aux droits humains et avocat en droit de la famille, Jordanie
Participant au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, 2014


Histoire rédigée par James Michael, Personal History Center. www.personalhistorycenter.com 

 

 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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