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Outiller les jeunes mères de la communauté noire de Montréal pour leur plein développement

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MONIQUE DAUPHIN – Montréal, Canada

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50ième anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

Monique Dauphin fait partie des personnalités incontournables de la communauté haïtienne de Montréal grâce à ses nombreux accomplissements, particulièrement pour la cause des femmes. Dès son plus jeune âge, Monique a commencé à remettre en question les inégalités : « Lorsque ma mère a appris le sens du mot « féministe », elle a déclaré que j’en avais toujours été une ». Arrivée au Québec en 1969, Monique se mobilise d’emblée pour supporter les opposants qui luttent contre le régime Duvalier en Haïti et milite déjà avec des femmes de la Maison d’Haïti 

En 1995, elle retourne dans son pays natal. Haïti est alors en pleine ébullition et de nouvelles possibilités s’ouvrent pour les femmes. Monique participe à l’implantation du Ministère à la condition féminine et aux Droits des Femmes, occupe le poste de coordonnatrice à la représentation dudit ministère dans les 9 départements et travaille avec les organisations de femmes. Elle fait aussi partie des fondatrices de l’association « Fanm Yo la » (les femmes sont là), qui milite pour la participation des femmes dans les sphères du pouvoir.   

Six ans plus tard, riche de cette expérience, Monique retourne à Montréal. Elle intègre la Maison d’Haïti à Saint-Michel et met en place le dossier femmes. Elle y rencontre des jeunes mères confrontées à une multitude d’obstacles: « tout est difficile : la famille, les études, le travail, les enfants et surtout les relations hommes-femmes très difficiles… », explique-t-elle.   

« Les jeunes filles noires ont plus de chances de mener une grossesse précoce à terme, et se retrouvent dans bien des cas mères monoparentales », explique Monique. Or, poursuit-elle, il leur est difficile d’intégrer les organisations de mamans de la communauté d’accueil. C’est à partir de l’identification de ce besoin que se met en place le réseau de jeunes parents de la Maison d’Haïti.  

Ce réseau est un lieu d’appartenance et d’échange pour les jeunes mamans de la communauté noire où elles ont accès à de l’information, des ateliers de préparation à la parentalité et des activités pour les jeunes mères et leurs enfants.  L’objectif du projet est de regrouper celles que Monique appelle affectueusement « mes filles »; leur donner un espace d’échange et de réflexion pour leur permettre de devenir plus autonomes et passer à l’action. Equitas contribue au projet en animant des ateliers centrés sur le leadership des femmes :

« On a essayé de leur donner des outils, de les aider à développer leur parole, pour qu’elles puissent faire de meilleurs choix ».   

Un échange constructif avec la DPJ  

À travers leurs échanges, les jeunes mamans identifient les relations avec la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) comme une problématique récurrente. C’est pourquoi, en 2014, elles décident d’organiser une journée d’échanges sur la question, avec la collaboration d’Equitas. L’événement qui a réuni plus d’une centaine de participantes et participants dont des intervenantes et éducatrices de la DPJ, a permis un échange dans les deux sens. « Il y avait un besoin de faire connaître notre culture aux intervenantes », pour faciliter la compréhension avec la communauté haïtienne, explique Monique, mais il fallait aussi informer les jeunes mamans sur les raisons des interventions ainsi que leurs droits.  

Une vidéo dans laquelle trois jeunes femmes témoignent anonymement de leurs expériences avec la DPJ avait été produite pour l’occasion. Monique a réalisé que la rencontre avait été un succès lorsque, à la fin de la journée, les trois jeunes femmes sont montées sur scène à visage découvert : « pour une fois, elles se sentaient en situation d’égalité », se souvient-elle. Un succès qu’elle attribue à la méthode participative qui est au cœur de l’approche basée sur les droits humains:

« Avec Equitas on était là pour faciliter cette prise en main et cette action, ce n’était pas nous qui avons dit aux filles quel était le problème. »  

Des jeunes femmes transformées  

« Le support d’Equitas a été déterminant dans le cheminement de ces filles », affirme Monique. En tout, plus d’une centaine de jeunes femmes ont participé aux ateliers à travers les différents projets. La Maison d’Haïti poursuit aujourd’hui sa coopération avec Equitas, notamment dans le cadre du programme Jeunes femmes, Jeunes leaders, qui soutient les projets d’action communautaire menés par les jeunes femmes.   

Monique a pris sa retraite depuis deux ans, mais elle revoit souvent les « filles » et quelques-unes l’appellent encore au téléphone. Elle constate que ces jeunes femmes sont devenues plus déterminées, plus confiantes. « Il y des changements certains dans leurs vies », conclut-elle avec fierté.


MONIQUE DAUPHIN – Montréal, Canada
Ancienne responsable du dossier femmes, Maison d’Haïti, et animatrice du Réseau des jeunes parents, partenaire du programme Jeunes femmes, Jeunes leaders d’Equitas.


 

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