Les femmes se mobilisent en Égypte

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Dans la foulée du printemps arabe, un nombre record d’Égyptiennes ont voté aux premières élections parlementaires libres depuis 80 ans. Equitas et ses partenaires s’inscrivent dans ce changement, ayant tissé des liens solides pour renforcer l’engagement civique dans le pays depuis 2005; Akram Amin est l’un d’entre eux.

Le 25 janvier 2011, Akram se trouvait sur la Place Tahrir au Caire quand éclata la « révolution de la liberté » qui allait entraîner des élections des mois plus tard. Malgré le couvre-feu, « des gens de tous les âges, hommes et femmes, réclamaient du pain, la liberté et la justice sociale », raconte Akram. Ils dénonçaient la corruption, la répression et revendiquaient des réformes démocratiques et un gouvernement non militaire réceptif.

« Les femmes ont joué un rôle crucial dans cette révolution, participant activement aux manifestations, faisant entendre leurs opinions et collaborant de toutes sortes de façons au mouvement national en faveur de la démocratie », souligne-t-il.

Deux années durant, Akram et ses collègues de Together for Development and Human Rights Education ont travaillé sans relâche auprès des   femmes de Menia pour accroître leur participation politique dans cette région largement conservatrice et pauvre. Beaucoup d’entre elles ont pris part au mouvement en 2011. Lors de l’élection, 19 550 des 30 000 femmes qu’ils avaient sensibilisées ont voté. Une belle réussite en comparaison du faible taux de participation de 17 % dans la région en 2006

Au départ, les femmes que Together for Development ciblait étaient ignorées par leurs collectivités et autorités locales. L’analphabétisme, les pratiques traditionnelles et le harcèlement limitaient leur capacité de participer efficacement à la vie sociale et politique.

« La discrimination à l’égard des femmes a eu des impacts négatifs sur leur perception quant à leur rôle de citoyennes actives », explique Akram. Avec des collègues et des travailleurs sur le terrain, il a rassemblé des femmes issues des quartiers les plus défavorisés de Menia, du Beni Suef voisin et du Caire pour leur apprendre à lire et à écrire, et pour les sensibiliser aux enjeux économique, politique et de santé dans leur vie. Pour ce faire, Akram a utilisé les approches d’Equitas.

C’est après avoir participé au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas en 2005 qu’Akram a fondé Together for Development, dans le but d’introduire une approche basée sur les droits dans les efforts de la société civile du pays pour la bonne gouvernance. En 2012, Akram est revenu comme co-animateur au PIFDH où il a acquis de nouvelles compétences pertinentes à son travail auprès des femmes de Menia.

Au fil des ans, avec l’appui d’Equitas, Akram a renforcé sa confiance et ses habiletés pour être plus efficace dans son travail de sensibilisation auprès des femmes marginalisées : Il les encourage à puiser dans leurs riches expériences et connaissances personnelles pour trouver les solutions à leurs problèmes et gagner en autonomie. Elles apprennent à saisir les occasions de participer à la vie politique et sociale pour faire la différence, incluant en allant voter.

Dans le nouveau contexte politique, bien des défis demeurent. Le nouveau parlement affiche son conservatisme religieux et peu de femmes y sont représentées. « Notre espoir est dans une véritable démocratie », affirme Akram. « Les défenseurs des droits humains doivent mieux s’organiser afin d’influencer les organisations politiques pour que le peuple égyptien soit entendu ». Equitas, avec Akram et de nombreux autres, continuent de travailler à la réalisation de ce souhait.

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