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Inculquer les droits humains aux jeunes au Sénégal 

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Au Sénégal, 24% des enfants subissent des châtiments physiques sévères – ce qui constitue une violation des droits des enfants telle qu’exprimé par l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Enseigner leurs droits aux enfants est important, non seulement pour renforcer leur capacité à se défendre et à défendre les autres, mais aussi pour les habiliter à devenir la prochaine génération d’agents du changement et des défenseurs et défenseuses des droits humains. Le travail d’Equitas auprès des jeunes, ici au Canada et avec ses partenaires au Sénégal, reconnaît l’importance d’inculquer les valeurs des droits humains à la jeunesse et d’habiliter les jeunes à devenir des agents du changement dans leurs communautés. 

Les partenaires d’Equitas à Thiès, au Sénégal, sont des acteurs importants dans la région et ils travaillent à la promotion des droits des enfants et de l’égalité de genre. Le GEEP travaille dans les écoles avec des associations étudiantes et promeut l’éducation aux droits humains destinée à protéger les droits des enfants et les droits génésiques des jeunes. La Palabre développe trois projets dans la région : un refuge pour les femmes et les filles qui ont survécu à la violence, un programme extrascolaire pour aider les enfants issus de communautés vulnérables à réussir leurs études, et des sessions pour sensibiliser au mariage forcé, à la mutilation génitale féminine et à la violence sexuelle. Dans leur travail sur les droits des enfants et l’émancipation des jeunes, les partenaires d’Equitas au Sénégal utilisent les formations et activités de la trousse éducative On ne joue pas avec les droits, développée par Equitas, pour enseigner leurs droits aux enfants et éveiller un plus grand respect des droits humains auprès des jeunes. La trousse éducative comprend soixante activités qui utilisent l’éducation aux droits humains pour promouvoir les valeurs des droits humains, la non-discrimination et la résolution pacifique des conflits. 

Habiliter les jeunes à devenir des agents du changement

En abordant une diversité d’enjeux sociaux et de préoccupations relatives aux droits humains, les partenaires d’Equitas au Sénégal travaillent tous à la promotion des droits des enfants et c’est dans ce contexte que la trousse éducative On ne joue pas avec les droits est adoptée. Khady Sow Diop, vice-présidente de La Palabre, explique comment les activités ont été utilisées dans le programme extrascolaire mené par l’organisation, et comment, quand les enfants réagissent positivement, Khady a commencé à apporter la trousse éducative dans d’autres écoles de la région et finalement, à animer des séances pour enseignants. Selon Khady, l’activité préférée des jeunes est celle dans laquelle on leur présente un handicap, par exemple une déficience motrice, puis on leur demande comment ils se déplaceraient d’un point A à un point B s’ils vivaient avec ce handicap. Cette introduction aux droits des personnes vivant avec un handicap a permis aux enfants de se mettre à la place de quelqu’un d’autre et de devenir davantage sensible aux combats des autres, tout en réduisant le stigma et la discrimination contre les personnes vivant avec un handicap. Cette activité aide aussi à faire comprendre aux enfants que tous les enfants ne font pas face aux mêmes difficultés dans l’exercice de leurs droits, en raison de leurs différentes identités. Être capable de diagnostiquer des problèmes et des violations des droits, ainsi que leurs causes, puis pouvoir réfléchir à une situation meilleure est une approche efficace dans l’éducation aux droits humains.

Cette manière de travailler avec des enfants reconnaît qu’en développant les capacités des enfants à s’intéresser à des enjeux spécifiques aux droits des enfants, tels que la violence contre les enfants, les jeunes sont habilités à se protéger eux-mêmes mais aussi à devenir des défenseurs et défenseuses des droits humains. Selon Omar Kebe, le coordinateur général de GEEP, au Sénégal les jeunes ont tendance à ne pas se préoccuper de leurs droits mais GEEP veut utiliser des activités comme celles de la trousse éducative On ne joue avec les droits pour que les enfants prennent le contrôle de leurs droits et transmettent les connaissances acquises aux membres de leur famille, à leurs ami-e-s et à leurs camarades de classe, pour créer une société qui respecte les droits humains.

Pour Khady, le but du travail de La Palabre est similaire – elle veut construire « une communauté plus sûre où les droits des femmes et des enfants sont respectés ». 

S’appuyer sur des formations précédentes : le PIFDH

Pour Omar et Khady, leur expérience au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas a davantage contribué au succès de leurs activités. L’approche participative d’Equitas est une approche de l’éducation aux droits humains et de l’action sociale qui a pour but d’habiliter les participant-e-s à développer leurs propres actions en faveur du changement social. Cette approche permet aux organisations de défense des droits humains de répondre aux problématiques des droits humains à partir de la perspective du vécu des participant-e-s et non par une approche unique.

Khady a souligné que même si on lui avait présenté cette approche auparavant, « c’est seulement avec Equitas [qu’elle] a commencé à comprendre l’approche participative ». En utilisant cette conception auprès des enfants dans les formations de La Palabre, les jeunes sont encouragés à partager leurs expériences et connaissances, ce qui est ensuite utilisé pour concevoir leur apprentissage. 

Omar poursuit en décrivant comment son expérience au PIFDH, et particulièrement l’utilisation de l’approche participative apprise lors de cette formation de trois semaines, l’a aidé à dispenser des cours dans les écoles dans lesquelles il travaille. Pouvoir faire participer les enfants à leur propre éducation aux droits humains et adapter les enseignements à leurs vécus a amélioré la capacité du groupe à parler des droits humains. À travers la mise en pratique de ce concept, Omar et l’équipe du GEEP, utilisent la trousse On ne joue avec les droits, adoptant l’approche participative, et attribuent une grande partie du succès de leurs activités à cette méthode. La trousse éducative On ne joue pas avec les droits se concentre sur sept valeurs (la collaboration, le respect, l’équité, l’inclusion, le respect de la diversité, la responsabilité, l’acceptation) et Omar met au défi les enfants de choisir les valeurs les plus importantes dans leur situation actuelle au Sénégal, pendant la pandémie. Une valeur souvent choisie par les enfants est l’inclusion, parce que les personnes infectées par la COVID-19, font souvent face à des discriminations et des stigmas. C’est pour cela que des actions doivent être prises pour combattre cela. En habilitant les jeunes à puiser dans leurs propres expériences et à trouver des actions pour le changement social, ils sont capables de comprendre ce qu’est vivre selon les valeurs des droits humains. 

Promouvoir une culture du respect des droits humains

La pandémie de la COVID-19 contribue à de sérieuses violations des droits humains au Sénégal. Omar explique que le droit à la santé est gravement menacé au Sénégal, non seulement par le virus lui-même mais aussi par les impacts dévastateurs qu’il a sur le système de santé, réduisant ainsi l’accès pour ceux qui nécessitent des soins d’urgence. Khady souligne les violations des droits humains dans le domaine des droits civils, où la violence policière contre ceux qui ne respectent pas les consignes sanitaires est commune et où la discrimination contre les personnes atteintes de la COVID-19 est devenue violente. Il existe aussi des inquiétudes concernant le droit des enfants à l’éducation, qui est en péril puisque l’apprentissage en ligne est impossible pour de nombreux enfants qui n’ont pas accès à des ordinateurs, à internet ou à l’électricité. 

C’est ce qui rend une approche basée sur les droits humains si importante – lorsque l’on recentre les droits humains dans chaque contexte, il est plus facile d’identifier les violences et d’y répondre. Selon Khady, il est préférable d’inculquer cette perspective aux enfants, puisqu’ils grandissent en respectant les droits humains, plutôt qu’attendre qu’ils deviennent adultes et qu’ils doivent désapprendre certaines pratiques.

Ce n’est qu’une des nombreuses raisons pour lesquelles Equitas et ses partenaires attribuent une si grande valeur à l’éducation aux droits humains auprès des jeunes – pour finalement aboutir à une génération qui regarde le monde à travers le prisme des droits humains dans chaque situation et chaque contexte, en valorisant les droits humains et les dignités en toutes circonstances.   

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