Favoriser l’émancipation des jeunes femmes tunisiennes par l’engagement social  

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IMEN HAMZA – Tunisie

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

Le statut de la femme tunisienne est, pour Imen Hamza, particulier dans le monde arabe.

Depuis 1956, les droits touchant au divorce, à l’éducation obligatoire et au droit de vote ont été reconnus − des acquis importants pour la population. Toutefois, ces développements n’ont jamais été institutionnalisés et demeurent donc fragiles et menacés, notamment par la montée de partis islamistes. C’est pourquoi la mobilisation pour les droits des femmes demeure aujourd’hui plus importante que jamais.

Sociologue de formation, Imen a participé à plusieurs programmes de recherche de l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD) sur l’autonomisation économique des femmes et la violence à l’égard des femmes.

Elle a également contribué à mettre sur pied divers centres d’écoute, de documentation et d’aide juridique, professionnelle et psychologique à la disposition des femmes dans les régions marginalisées en Tunisie et a offert plusieurs formations sur l’égalité des chances, la gestion budgétaire, l’alphabétisation de même que la conception et l’élaboration de projets.

Aujourd’hui, Imen travaille en tant que responsable de projet genre à Enda Inter-Arabe, une organisation non gouvernementale luttant contre l’exclusion et la précarité, où elle s’intéresse particulièrement à l’entrepreneuriat féminin et à l’émancipation économique et sociale des jeunes et des femmes. Elle contribue à créer des opportunités professionnelles pour des femmes et jeunes au chômage ainsi qu’à assurer la formation et la sensibilisation aux droits fondamentaux, particulièrement dans les zones rurales.

À travers les nombreuses formations et les divers projets qu’elle a mis sur pied, Imen remarque de grands changements chez les jeunes femmes tunisiennes. « C’est l’affirmation de soi, c’est la confiance en soi, c’est braver toute peur et essayer de prendre place dans la famille, à l’université, dans les associations. C’est la liberté d’expression, la participation, l’acceptation, le respect, l’intégration. Le fait de changer soi-même et vouloir changer l’autre. C’est s’affirmer dans la société, c’est avoir un rôle, c’est être une citoyenne responsable. Et ça, c’est magnifique! »

Suite à la révolution populaire de 2011 et au départ du président Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, les droits acquis des femmes sont de plus en plus protégés. Une réelle culture des droits humains demeure toutefois à être instaurée. Les discriminations persistent dans le milieu du travail ou encore dans la vie politique, sans oublier la forte présence du harcèlement et de la violence sexuelle.

« Il ne suffit pas pour l’État de changer les droits ou bien de mettre en place de nouveaux droits sans faire un grand travail de sensibilisation et de changement de pratiques et de la culture. Cela doit commencer par l’école, la famille, dans la rue ». L’engagement de la société civile est nécessaire pour que les acquis légaux deviennent des réalités dans la société et dans le quotidien des femmes.

Malgré l’ampleur du travail, Imen poursuit ses activités d’éducation et de sensibilisation de la population tunisienne aux droits des femmes et contribue ainsi à un réel changement des mentalités, notamment chez les jeunes. Elle s’est entre autres impliquée dans le projet Mosharka d’Equitas, un projet pour l’engagement social des jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où elle agissait à titre de coordonnatrice locale. Elle qualifie sa collaboration avec Equitas comme étant « une relation d’amour » qui dure depuis sa participation au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) à Montréal, au Canada, en 2008.

Le PIFDH lui a entre autres permis d’être outillée afin de mieux sensibiliser la population tunisienne au fait que les droits humains doivent nécessairement inclure les droits des femmes – un ne va pas sans l’autre :

« L’approche participative [du PIFDH], c’est très important et ça change beaucoup de choses dans notre travail. Il faut faire comprendre aux autres que les droits humains sont vraiment un tout, on ne peut pas les choisir. C’est une approche globale ».

 


Imen Hamza – Tunisie 
Responsable de projet – Genre, Enda Inter-arabe
Responsable de projet, projet Mosharka d’Equitas, 2012-2016 
Participante au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, 2008; Co-animatrice du PIFDH, 2014


Histoire rédigée par Alex Chartrand, rédacteur stagiaire, Equitas.
Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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