Faire entendre les voix des travailleurs migrants en Malaisie

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GLORENE DAS – Malaisie

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

Lorsque Glorene a commencé à travailler pour Tenaganita, une ONG malaisienne qui fait la promotion des droits des travailleurs migrants et des réfugiés, elle ne savait rien des droits humains. « Au cours de ma première semaine, j’ai passé un certain temps à la bibliothèque pour apprendre ce que signifiaient les droits humains. Je ne m’étais jamais intéressée aux enjeux touchant les personnes migrantes et réfugiées auparavant. » Ce que Glorene ne savait pas à ce moment-là était que sa compréhension était sur le point de changer drastiquement — leur combat deviendrait bientôt le sien. 

« À Tenaganita, nous luttons pour changer la façon dont sont traités les travailleurs migrants, souvent considérés comme de simples marchandises. Les travailleurs devraient être traités comme des êtres humains, qui ont des droits fondamentaux. » 

La Malaisie est l’une des économies les plus dynamiques en Asie du Sud-est, avec une population d’environ 30 millions de personnes. La situation économique du pays le rend attrayant pour les pays environnants, où une grande partie de la population cherche une vie meilleure. On estime qu’entre 20% et 30% des travailleurs en Malaisie sont des migrants. Dans le domaine manufacturier, le travail domestique, l’agriculture et la construction, ce pourcentage est encore plus élevé. « Personne ne veut ces emplois, les appelant les 3D — dangereux, dégoûtants et difficiles. » 

En 2001, Glorene a eu l’occasion de participer au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas à Montréal.

« Equitas m’a appris presque tout ce que je sais sur les conventions des Nations Unies, sur le droit international et sur la façon d’utiliser ces mécanismes pour protéger les communautés avec lesquelles je travaille », affirme Glorene. 

Glorene utilise maintenant les compétences qu’elle a acquises au PIFDH tout en formant des avocats bénévoles pour travailler avec son organisation sur certains cas de personnes migrantes. L’année dernière, son équipe a travaillé sur 249 cas présentés devant la Cour. 

Parmi les cas typiques, on retrouve des migrants qui travaillent de longues heures sans jours de congé ou sans être rémunérés, des retenues de passeports et des mauvaises conditions de vie. Glorene explique que toutes les violations et les plaintes ne vont pas devant les tribunaux. « Le problème de la documentation est important et le pouvoir est entre les mains de l’employeur qui profite des vulnérabilités de ces personnes — et plus particulièrement des femmes. » Malgré cela, elle est très fière de leur travail, de leurs victoires et de leurs négociations avec les responsables. L’année dernière, ils ont pu obtenir presque un demi-million de dollars en compensation pour les travailleurs migrants. 

Une autre partie importante du travail de Glorene, maintenant directrice générale de Tenaganita depuis 2014, est le plaidoyer. Elle rêve d’une politique en Malaisie visant à protéger légalement les travailleurs venant de pays étrangers. « Plus les Malaisiens sont informés des conditions dans lesquelles vivent les travailleurs migrants dans notre pays, plus ils seront enclins à soutenir la cause et à demander au gouvernement de leur accorder plus de droits. » C’est pourquoi elle apparaît souvent dans les médias pour parler de ces problèmes et pour dénoncer les injustices que subissent ces travailleurs. 

Son organisation se concentre particulièrement sur les femmes et les filles, car elles sont les plus vulnérables aux abus sexuels et physiques et à la traite d’êtres humains. « La migration a le visage d’une femme. » Tenaganita a maintenant deux refuges qui fournissent un soutien aux survivantes de ces atrocités. L’ONG a créé un espace sûr pour leur permettre de développer leurs compétences et de réintégrer leurs communautés ou leurs pays d’origine. 

Glorene voyage beaucoup pour défendre les intérêts des travailleurs migrants et des réfugiés à l’échelle nationale et internationale, mais elle entretient encore un lien de proximité avec ceux-ci. Et malgré son horaire chargé, elle prend le temps d’accompagner les femmes devant les tribunaux en vue d’atteindre l’égalité et la justice. 


GLORENE DAS – Malaisie
Directrice générale, Tenaganita Women’s Force, Malaisie
Participante au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, 2001 


Histoire rédigée par Paule Portugais-Poirier, rédactrice stagiaireEquitas

 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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