Façonner la vision et les valeurs d’Equitas 

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PEARL ELIADIS – Montréal, Canada

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

 

« Ce qui distingue Equitas des autres organisations de défense des droits humains, c’est son approche fondée sur l’éducation plutôt que sur le plaidoyer, afin de promouvoir l’égalité, la justice sociale et le respect de la dignité humaine », affirme Pearl Eliadis, avocate spécialisée en droits humains, ancienne présidente d’Equitas et membre actuelle du conseil honorifique. « Aucune autre organisation ne fait ce que nous faisons et de la façon dont nous le faisons ».

Pearl est avocate et auteure de droit privé établie à Montréal, au Québec. Elle s’intéresse au droit international relatif aux droits humains, aux organisations de défense des droits humains et à la gouvernance démocratique. Avec une expérience de plus de 20 ans en droits humains et en politique publique, elle travaille régulièrement avec les organisations de la société civile, les mouvements sociaux et les organisations de défense des droits humains au Canada et à l’international.

La première implication de Pearl auprès d’Equitas, auparavant connu sous le nom de la Fondation canadienne des droits de la personne, remonte à 1982 lorsqu’elle a participé au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) en tant qu’étudiante en droit de l’Université McGill. « À l’époque, il y avait très peu de cours approfondis sur les droits humains à la Faculté de droit. Les cours d’été à l’Île-du-Prince-Édouard ont permis de pallier ce fossé ».

Le véritable changement au sein du PIFDH est survenu dans les années 1990, lorsque Pearl était présidente du Conseil d’administration. « Il fallait que l’organisation devienne plus moderne et pertinente », a-t-elle déclaré.

« Nous devions nous éloigner d’une pédagogie où les professeurs de droit venaient parler aux étudiants des lois relatives aux droits humains et de leur mise en œuvre. Nous devions être plus inclusifs et participatifs. Cela signifiait qu’il fallait penser aux groupes issus de communautés marginalisées et vulnérables et comment nous pouvions mieux les appuyer dans les rôles essentiels qu’ils jouent au sein de leurs communautés ».  

Un conseil d’administration plus inclusif a été mis sur pied et une nouvelle directrice générale a été nommée afin de diriger l’organisation vers de nouveaux horizons. Un programme entièrement nouveau a été développé, animé par des personnes ayant de l’expérience dans le domaine des droits humains et provenant de divers pays, pas seulement au Canada. Il a été conçu selon le principe du dialogue entre participants sur les questions qui affectent leur vie ainsi que sur leurs croyances et valeurs personnelles, l’aspect pragmatique du programme et l’élaboration de stratégies d’action liées aux droits humains.

« Il ne s’agit pas autant de transfert de connaissances autant qu’il s’agit de fusion de diverses idées, croyances et expériences. Ainsi, les participants adaptent leurs propres attitudes et hypothèses sur ce qui est bien et mal et parfois cela crée un véritable défi », a-t-elle confié.

« Par exemple, nous pouvons accueillir des participants de pays où l’homosexualité n’est pas acceptée et nous devons traiter avec ces personnes dans un cours où les droits des personnes LGBTQI (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer et intersexuées) occupent une place importante. Il est donc essentiel d’en tenir compte lors de la sélection des participants et de nous assurer que nous savons qui participera au programme ».

 

 

Elle a ensuite expliqué que dans un contexte où l’échange entre pairs est fondamental, il est important de réfléchir à ce que signifie d’être un leader des droits humains. Si vous excluez les gens à cause de qui ils sont, cela affectera nécessairement votre propre légitimité, votre propre crédibilité au sein de votre groupe de pairs. « Cela me paraît beaucoup plus puissant que de leur donner des leçons. Cela fait partie du voyage ».

Un autre changement consistait à assurer une continuité et un soutien suite au PIFDH afin que les participants fassent partie d’un réseau mondial d’anciens participants. Grâce à ces réseaux, ils restent connectés et partagent des ressources, des outils et des idées. Plus important encore, ils font preuve de solidarité les uns envers les autres à l’échelle régionale et internationale lorsqu’ils rentrent chez dans des conditions de travail souvent dangereuses.

Ces réseaux offrent à Equitas l’occasion de suivre le travail des participants au sein de leur communauté, ce qui permet de s’assurer que le PIFDH demeure pertinent et qu’il continue de répondre à leurs besoins. Au cours des 37 années écoulées depuis le lancement du programme, plus de 3 600 défenseurs des droits humains ont été formés à Montréal, au Canada.

Par conséquent, Equitas est profondément lié aux mouvements sociaux des pays du monde entier. « Sur une période de 15 ans, j’ai beaucoup voyagé pour mon travail et je me rendais dans des communautés éloignées et isolées », a affirmé Pearl. « Dans presque tous les pays que j’ai visités, la première chose que les gens voulaient savoir quand ils ont découvert que j’étais canadienne, c’était si je connaissais Equitas. Pour moi, c’était une preuve incroyable de la façon dont l’organisation était maintenant connectée ».

 

Ruth Selwyn – Olympus Digital Camera

 

Une autre priorité consistait à réévaluer le rôle joué par les femmes au sein de l’organisation. « La structure de gouvernance de la Fondation à ses débuts était comme le reste du Mouvement canadien des droits civiques. Elle était dominée par des hommes blancs et les femmes n’avaient que des rôles de soutien ». L’équipe a fait un effort concerté pour assurer la représentation des femmes au sein de l’organisation et du conseil d’administration. En plus de Pearl, deux autres femmes se démarquent pour leurs contributions.

Selon elle, on doit plusieurs des changements organisationnels et au niveau des programmes à Ruth Selwyn, ancienne directrice générale d’Equitas. Sa carrière a été dévouée à la lutte pour l’égalité. « Ruth a travaillé pendant plus d’une décennie avec le conseil d’administration pour changer complètement l’orientation de l’organisation et pour la rendre plus pertinente en termes d’engagement des femmes et des défenseurs des droits LGBTQI. Elle a grandement contribué à jeter les bases du PIFDH et pour en faire le programme de formation aux droits humains le plus important au monde ». Grâce à son leadership, elle a su recruter du personnel et des éducateurs exceptionnels.

Beatrice Bazar, décédée il y a cinq ans, était membre fondatrice et pionnière de l’organisation. Elle a contribué à ce que la vision des Nations Unies sur l’égalité et les droits humains — notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme — soit adoptée par l’organisation et au Canada. L’organisation est ce qu’elle est aujourd’hui en grande partie grâce à son engagement et à son travail au cours des premières années — une contribution qui n’est pas toujours reconnue dans l’histoire officielle de l’organisation.

C’est donc une histoire d’évolution — l’histoire d’Equitas devenant beaucoup plus sophistiquée et en harmonie avec les droits humains en tant que concept large et évolutif. « Pour moi, c’est la preuve indéniable de la façon dont une organisation peut se transformer pour devenir l’organisation florissante qu’elle est aujourd’hui. En tant que Canadiens et Canadiennes, nous devrions tous être très fiers des progrès qu’elle a accomplis et du rôle clé qu’elle joue dans la promotion des droits humains pour tous par l’éducation, en particulier pour les plus vulnérables et marginalisés ».

 


PEARL ELIADIS – Montréal, Canada
Présidente du conseil d’administration d’Equitas, 1990-1995
Membre honoraire du Conseil d’administration, depuis 2001


Histoire rédigée par Marnie Hill Communications, Life Story Writers
Membre de l’Association of Personal Historians

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