Promouvoir les droits des personnes LGBTQI à Cuba 

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ALBERTO ROQUE GUERRA – Cuba

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

Alberto Roque Guerra est médecin à La Havane, à Cuba. Il milite pour la défense des droits des minorités sexuelles à Cuba depuis 2003. Mariela Castro, fille du président cubain Raul Castro, a invité le Dr. Roque et son partenaire à la rencontrer pour discuter des enjeux auxquels font face les gais et lesbiennes. Elle leur a demandé de développer des programmes sur l’éducation et la diversité sexuelles. Ils ont alors développé de tels programmes et travaillent sur ces enjeux depuis.

Alberto est membre de Cuba’s Multidisciplinary Association for Sexuality Studies, Cuban Society of Internal Medicine, Latin American Studies Association et World Professional Association for Transgender Health. Son travail comme chercheur et militant sur les questions de genre et de sexualité a été présenté en Italie, au Canada, au Pérou, en Équateur, au Mexique, au Venezuela, au Nicaragua, en Suède, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Serbie, en France, aux États-Unis, au Guatemala, au Brésil et au Danemark.

En 2008, il travaillait avec le National Centre for Sex Education à Cuba, où on l’a encouragé à soumettre sa candidature au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, à Montréal, au Canada. Il a été sélectionné et a séjourné à Montréal pendant trois semaines où il a pu apprendre la méthode participative pour former de futurs défenseurs des droits humains.

« Pour moi, cette méthode était entièrement nouvelle. Dans le domaine de la médecine, nous parlons de droits humains, mais d’un point de vue différent — plus axé sur la maladie, la prévention et le fait que le corps a des droits. Je ne faisais pas que fournir des soins médicaux ; je me suis aussi trouvé à lutter contre certaines incompréhensions et plusieurs obstacles qui affectent la communauté transgenre. C’est le même problème dans de nombreux pays du monde. Il s’agit d’un enjeu mondial ».

Une fois de retour à Cuba, il n’a pas été en mesure de mettre tout de suite en pratique ses nouvelles connaissances. Son centre était en rénovation et il n’avait pas l’espace nécessaire pour offrir des formations.

En 2009, le Dr. Roque a participé à l’Encuentro latinoamericano de Participantes en el Programa Internacional de Capacitación en Derechos Humanos [Forum latino-américain des participants au Programme international de formation aux droits humains] à Quito, en Équateur, où il a continué à acquérir de nouvelles connaissances et techniques, ainsi qu’à faire des liens avec des personnes partageant les mêmes idées.

« Lorsque j’ai finalement pu offrir des programmes de formation à Cuba en 2010, j’ai découvert une réelle passion qui était en moi depuis fort longtemps. À la suite de ma formation au Canada, j’ai trouvé que c’était un processus très facile et fluide. J’étais capable de reproduire ce que j’avais appris et de le faire avec des personnes qui étaient impliquées et intéressées par les droits sexuels et les droits humains ».

Alberto a alors formé un nouveau groupe appelé Hombres por la Diversidad [Les hommes pour la diversité], qui fait un travail de plaidoyer pour promouvoir le respect des personnes peu importe leur orientation et leur identité sexuelle. Il est également membre fondateur du Mouvement anti-homophobie de Cuba.

En 2012, l’orientation sexuelle apparaissait dans les « objectifs de travail » de la politique du Parti communiste cubain. Plus récemment, l’orientation sexuelle a été incluse dans la « Loi sur le travail » — adoptée par le Parlement cubain — qui reconnaît maintenant l’orientation sexuelle comme faisant l’objet de discrimination.

Les identités trans (transsexualité, transgenre) sont toutefois toujours considérées comme des « pathologies », et ce même si, en 2010, la Cuban Multidisciplinary Society for Study of Sexuality a déclaré que les identités trans n’étaient pas des maladies mentales.

Grâce aux efforts d’Alberto, Cuba a progressé ces dernières années en matière de droits des personnes transgenres. Mais il reste encore beaucoup de défis à relever.

« Les droits des personnes LGBTQI doivent être inclus dans la loi, entre autres concernant le droit au mariage. Ils doivent également être inclus dans les politiques de toutes les branches militaires, ce qui n’a pas encore été fait. Et nous avons besoin de plus d’organisations pour promouvoir ces droits. Cela peut prendre plusieurs années, mais nous sommes très optimistes ».

 


ALBERTO ROQUE GUERRA – Cuba 
Médecin, Hôpital général Freyre de Andrade 
Participant au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, 2008  
Participant au Forum latino-américain des participants au Programme international de formation aux droits humains, Quito, Équateur, 2009 


Histoire rédigée par Eileen O’Hara, Past into Print.

 

 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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