Enseigner les droits humains aux enfants dans les centres communautaires de Vancouver

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TOM HIGASHIO – Vancouver, Canada

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

 

Parfois, la vie change en un clin d’œil. Pour Tom Higashio, ce moment est venu en 2006, quand il a assisté à un atelier d’Equitas à Vancouver, Colombie-Britannique, au Canada, où il était un chargé de programme pour la ville au centre communautaire Britannia. L’atelier était un projet pilote pour le programme On ne joue pas avec les droits d’Equitas – un programme novateur qui s’adresse à des jeunes ayant recours au jeu pour créer une discussion ouverte sur les droits humains fondamentaux tels que le respect de la diversité, la coopération, l’inclusion et l’équité.

Bien qu’il admette qu’au début, il a à peine dit un mot, on ne peut pas nier la passion grandissante de Tom au fil du temps.

« J’étais comme une éponge. Les droits des enfants – ou l’absence de droits – concernent tout le monde. Je savais que je voulais trouver des moyens pour renforcer les valeurs positives et les principes fondamentaux de la dignité humaine qui permettent à tous les jeunes de donner le meilleur d’eux-mêmes… quel que soit leur environnement social et économique ou leur origine ».

L’année suivante, Tom était l’un des quatre Vancouvérois acceptés pour la formation nationale du programme On ne joue pas avec les droits d’Equitas à Montréal. Aujourd’hui, en tant que chargé de programme des loisirs pour les jeunes de Britannia, Tom dirige une équipe d’animateurs experts qui introduisent les enfants aux questions relatives aux droits humains dans un environnement ludique, sûr et convivial. Plus de 10 000 enfants âgés de 6 à 12 ans ont pris part au programme au Centre communautaire Britannia à lui seul – et plus de 30 000 dans d’autres centres communautaires de la Ville de Vancouver. Certains sont retournés à Britannia en tant qu’animateurs pour la prochaine génération. D’autres sont devenus des travailleurs sociaux, des journalistes ou des enseignants des droits humains en mettant en œuvre le programme dans les écoles où ils enseignent.

L’apprentissage se fait souvent en revisitant les jeux populaires que l’on retrouve dans les cours d’école et les arrière-cours. Equitas a réuni ces jeux dans une boîte à outils On ne joue pas avec les droits qui regroupe les activités par âge approprié, tout en offrant des pistes de réflexion pour élargir la discussion.

« Par exemple, tout le monde sait comment jouer les chaises musicales », explique Tom. « Nous commençons de la manière traditionnelle pour deux ou trois tours. Cependant, après que quelques joueurs soient éliminés ‒ ce qui signifie qu’ils peuvent regarder, mais ne participent plus ‒, nous invitons tout le monde à revenir dans le jeu. » Il ne peut alors pas s’empêcher de sourire. « Le hic est que nous gardons le même nombre de chaises et nous ajoutons de nouvelles règles ‒ peut-être quelque chose comme avoir à garder un pied au sol. Les enfants doivent alors collaborer pour savoir comment plusieurs personnes peuvent se tenir ensemble sur une chaise en même temps ».

 

 

Après que les rires s’estompent et que le jeu se termine, il y a toujours une discussion. Comment se sentaient les enfants lorsqu’ils ont été éjectés du jeu? Comment se sentaient-ils lorsqu’on leur a permis d’y retourner? Qu’est-ce qui a changé lorsqu’ils ont réalisé qu’en travaillant ensemble,

tout le monde pouvait réussir? Tout conduit sans effort à la question centrale : si cela fait mal d’être exclu d’un jeu, combien est-il plus douloureux lorsque quelqu’un est exclu dans la vie réelle?

Le jeu est si central au programme que Tom l’intègre même au processus d’embauche. « Lorsque nous sommes à la recherche de chefs d’équipe, nous rassemblons tous les candidats et nous leur demandons au hasard de conduire ou de participer à des jeux de la boîte à outils du programme On ne joue pas avec les droits », dit Tom. « Tout de suite, vous pouvez voir qui a cette passion tant recherchée. C’est leur passion et leur engagement qui fait de notre programme ici à Vancouver un tel succès. Ils sont les véritables superhéros, les gens dont les enfants se souviennent en raison de leur impact positif sur leurs vies ».

Toujours à la recherche de nouvelles façons d’amener les droits humains au premier plan, l’équipe de Tom a été l’une des premières à mettre en œuvre, en 2014, le nouveau programme de Parlons droits d’Equitas en Colombie-Britannique. Conçu pour les jeunes de 12 à 18 ans, le programme Parlons droits comprend une série de camps de diversité d’une durée de quatre jours, qui a lieu dans des endroits comme Manning Park ou Camp Capilano dans le nord de Vancouver.

« L’année dernière, chacun des quatre centres communautaires a envoyé 10 participants, et le résultat était incroyable – quatre petits groupes sont devenus un. Les enfants n’ont pas les mêmes filtres que les adultes alors ils posent des questions qui viennent du cœur… et ils veulent des réponses. Alors que les participants partageaient leurs expériences et leurs cultures, ils ont découvert que même s’il y a des différences, il y a beaucoup, beaucoup de valeurs partagées ».

À l’avenir, Tom espère voir le programme On ne joue pas avec les droits être intégré à chaque centre communautaire, école et garderie. « La boîte à outils On ne joue pas avec les droits est puissante, et Equitas a été très proactif en offrant une formation pour l’ensemble de mon personnel. Je veux la voir disponible partout, de sorte que chaque enfant puisse connaître et comprendre ses droits humains et ses valeurs. »

 


TOM HIGASHIO – Vancouver, Canada

Chargé de programme – Loisirs pour jeunes, Centre communautaire Britannia, Vancouver, Canada
Partenaire d’Equitas, Parlons droits et On ne joue pas avec les droits
Récipiendaire du prix On ne joue pas avec les droits d’Equitas, 2011


Histoire rédigée par Susan M Boyce, journaliste pigiste. www.suntrackercafe.com
Membre de Storytellers of Canada-Conteurs du Canada.

 

 

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