Défendre les droits des minorités du local au mondial 

Home » Blogue Equitas » Défendre les droits des minorités du local au mondial 

RITA IZSÁK-NDIAYE – Hongrie

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

Pour Rita Izsák-Ndiaye, Equitas a marqué un tournant dans son travail de défense des droits des Roms en Hongrie et l’a incitée à œuvrer à l’échelle mondiale pour défendre les droits de tous les Roms, ainsi que les droits des autres minorités ethniques et religieuses.

Rita a participé en 2003 au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, à Montréal, au Canada par l’intermédiaire du European Roma Rights Centre, une organisation qui défend les droits des Roms et qui est basée à Budapest en Hongrie.

« Pour moi, cela a été une expérience marquante. C’était la première fois que je me retrouvais dans un environnement international. Auparavant, je n’avais travaillé qu’en Hongrie et en Europe centrale et orientale. Le PIFDH, d’une durée de trois semaines, m’a ouvert les yeux. J’ai pu, pour la première fois, rencontrer des gens provenant de plusieurs pays et créer de nombreuses amitiés ».

Le fait de savoir qu’elle n’était pas seule dans sa lutte l’inspirait. Rita sait maintenant qu’elle est liée au monde entier et qu’elle fait partie de quelque chose de plus grand, plutôt que de se percevoir comme une personne isolée en Hongrie luttant pour les droits humains. Voilà ce que signifie l’émancipation selon elle.

Les programmes d’Equitas visent à éduquer, à habiliter et à changer. Pour Rita, cela sous-entend non seulement d’avoir des connaissances approfondies des droits humains, mais aussi d’avoir une conscience sociale. Elle avait la conviction de réellement comprendre ce que les gens ressentaient en cas de violation des droits humains. C’est suite au PIFDH qu’elle a développé un intérêt et une passion pour le travail dans un contexte international comme les Nations Unies.

Rita est l’actuelle Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités, nommée en 2011 pour un mandat de trois ans par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, qui a été renouvelé pour trois autres années en 2014. Son mandat au Conseil des droits de l’homme est de promouvoir la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les minorités dans l’ensemble des 193 États membres.

« Je crois que si je n’avais pas voyagé pour participer au PIFDH, je n’aurais pas été touchée autant par cet esprit de solidarité et je n’aurais peut-être pas été intéressée par les Nations Unies. Ce type d’environnement international était tellement nouveau pour moi et cela m’a profondément marquée. J’ai alors développé un désir de vivre de cette manière, d’être avec des personnes d’origines diverses, d’essayer de faire partie d’un réseau transnational de personnes qui luttent pour atteindre les mêmes objectifs ».

Dans le domaine des droits humains, il est difficile de mesurer les retombées de nos actions, car le progrès se mesure en décennies. Comme le souligne Rita, les succès à court terme peuvent toutefois être encourageants.

« Par exemple, il y a quelques années, des membres d’une minorité religieuse en Asie centrale ont été emprisonnés. J’ai remis une lettre au gouvernement et ils ont alors été libérés de prison. Ils m’ont par la suite envoyé des lettres très émouvantes et inspirantes me remerciant de les avoir aidés et d’avoir pris soin d’eux, même à une telle distance et sans les connaître. Il y avait aussi une communauté pastorale sur le point d’être expulsée au Cameroun. Encore une fois, j’ai écrit une lettre au gouvernement et ils ont mis un terme à l’expulsion et la communauté a pu retourner à sa terre d’origine. Ce sont ces petites histoires qui me font croire que nous pouvons vraiment contribuer au changement ».

En 2015, elle a réalisé une étude approfondie sur la situation mondiale des droits des Roms, le premier rapport à aborder cet enjeu d’un point de vue mondial. Elle a également organisé un atelier sur les Roms des Amériques à Brasília, au Brésil, au cours duquel elle a réuni des participants d’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou. L’atelier a permis aux défenseurs des droits des Roms d’échanger, de partager des expériences et de discuter des défis auxquels sont confrontés les Roms dans la région.

L’objectif de l’atelier correspondait à celui de Rita, soit de défendre les droits des Roms dans le monde entier. L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont fait des progrès en ce qui concerne les droits des Roms en Europe. Elle souhaite ainsi mettre en lien les Roms d’Amérique latine, d’Amérique du Nord, du Moyen-Orient et de Russie afin de créer un mouvement d’une plus grande échelle.

Elle croit que ce qu’elle affirme d’Equitas devrait aussi être vrai pour d’autres défenseurs des droits des Roms. Ces derniers se sentent souvent isolés, mais une fois qu’ils prennent conscience qu’ils ne sont pas seuls, ils peuvent alors construire un réseau qui aura un effet émancipateur et consolidera leur travail de plaidoyer. L’objectif de Rita est de rassembler tous ces défenseurs des droits des Roms à l’échelle mondiale afin qu’ils puissent se soutenir mutuellement.

« Parfois, nous craignons que nos actions n’aient aucune retombée, mais lorsqu’on travaille collectivement, nous pouvons alors réellement faire entendre notre voix et contribuer au changement social ».

En tant que Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les questions relatives aux minorités, Rita continue de trouver des moyens de surmonter les obstacles qui nuisent à la pleine réalisation des droits des minorités dans le monde, qui souvent ne peuvent participer pleinement à la vie économique, politique et sociale de leur pays.

 


RITA IZSÁK-NDIAYE – Hongrie* 
Rapporteuse spéciale sur les questions relatives aux minorités, Conseil des droits de l’homme des Nations Unies Participante au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas, 2003
* Rita Izsák-Ndiaye vit actuellement à Dakar, au Sénégal.


Histoire rédigée par James Michael, Personal History Center. www.personalhistorycenter.com
Directeur des nominations, Association of Personal Historians

 

 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

Avez-vous aimé cette histoire? Appuyez-nous! Même les plus petits dons peuvent aider Equitas à remplir sa mission.

Font size - Taille de la police
Contrast - Contraste