Vandita Morarka cherche à bâtir un leadership social compatissant chez les jeunes en Inde à travers l’ONG One Future Collective

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Vandita Morarka ne pouvait trouver une organisation en adéquation avec le travail qu’elle souhaitait faire, alors elle a créé la sienne. Originaire de Mumbai, la féministe a donné naissance, il y a six mois, à One Future Collective – une organisation à but non-lucratif qui nous encourage à mener, à promouvoir et à inspirer.

 

Son but ? Utiliser l’art, l’éducation, l’intervention et le plaidoyer pour bâtir un leadership social compatissant chez les jeunes.

 

« Nous cherchons à aborder et à répondre à la question: comment nous transformons chaque individu en leader social », explique Vandita. « Nous travaillons à la fois dans le domaine de la justice de genre, de la santé mentale, de la réforme légale et des politiques de développement ».

 

 

L’inspiration de Vandita remonte à deux rencontres. Quand elle était en première année d’université, elle a cofondé une initiative appelée « Les étudiants pour la réforme sociale », à travers laquelle elle et 120 jeunes ont travaillé au service de communautés défavorisées de Mumbai et de ses alentours.

 

À travers ce projet, Vandita a rencontré une jeune fille qui ne semblait pas touchée par la mort de sa mère. En raison de l’inaccessibilité des soins de santé élémentaires dans la communauté, la mortalité maternelle était normale : un fait quotidien qui n’était pas source de deuil. Vandita a immédiatement reconnu la nature problématique de la situation.

 

« Aucun enfant ne devrait trouver normal que leur mère meure en couches parce qu’ils n’ont pas accès aux soins de santé élémentaires », dit-elle.

 

Une autre situation a marqué Vandita alors qu’elle travaillait dans une communauté à faibles revenus et qu’elle demandait à un groupe d’enfants ce qu’ils ou elles voulaient faire plus tard. Un garçon a rejeté la question en répondant que même s’il rêvait de devenir pilote, les conditions sociales de sa communauté signifiaient qu’il pourrait au mieux devenir mécanicien ou chauffeur.

 

« À partir de là, je crois qu’il y a eu deux raisonnements dans mon travail », dit Vandita. « L’un : comment peut-on mobiliser le changement dans l’action politique ; comment peut-on passer d’un travail au niveau micro à une mise en œuvre concrète au niveau macro ? Et aussi, l’idée que chaque enfant devrait avoir un environnement qui lui donne l’opportunité d’atteindre le meilleur de lui-même. Et cela n’est possible que si chacun-e est conscient-e du fait qu’il ou elle doit prendre des mesures pour rendre la société plus juste, compatissante et égale ».

 

Sur le site de One Future Collective, un onglet intitulé « The Thought Project », mène à des articles de blogue écrits par des jeunes pour défendre de nombreuses causes. La plateforme de plaidoyer digital, qui comprend un blogue et des campagnes sur les réseaux sociaux, contient actuellement 16 catégories. Parmi celles-ci, on peut trouver des thèmes comme « l’intersectionnalité », « les milléniaux », et « la santé mentale ». Les jeunes sont encouragé-e-s à s’exprimer sur cette plateforme à travers des articles, des discussions et des débats.

 

Photo de OneFutureCollective.org

 

Dans un article de blogue intitulé La guerre et les menstruations qui décrit la dure réalité des jeunes réfugiées et ses liens avec les menstruations, Sara Sethia écrit « une enfant de treize ans, qui vient de perdre sa famille dans un raid aérien, est coincée dans une cave avec un groupe d’étrangers. Vers qui se tournera-t’elle quand elle aura ses premières règles ? »

 

Photo de OneFutureCollective.org

 

C’est le genre de dialogue qu’encourage One Future Collective à travers ses projets parallèles, en se préoccupant des besoins des jeunes et en reconnaissant que ces besoins varient selon plusieurs facteurs.

 

« Avec ma nouvelle organisation, nous faisons beaucoup de travail communautaire », explique Vandita. « Je veux être plus consciente du fait que lorsque je travaille avec la communauté, je ne m’approprie pas leurs voix et je m’assure que ce sont leurs voix qui accèdent à une plateforme et que l’on répond à leurs besoins et pas à ceux que moi ou mon équipe pensons applicables à leur communauté ».

 

Vandita a participé à plusieurs formations pour développer son travail depuis les sept dernières années et elle fait maintenant partie de la communauté des 3 700 anciens du Programme International de Formation aux Droits Humains (PIFDH) d’Equitas. Le PIFDH avait un intérêt particulier pour elle en raison de son emphase sur l’approche participative, qui met le participant au cœur de son apprentissage.

 

 

« Je cherchais quelque chose que je pouvais incorporer à mes formations », dit Vandita.

 

Elle souligne que la façon dont le contenu du PIFDH est enseigné est véritablement unique.

 

« En Inde, la taille de nos salles de classe est au minimum de cinquante personnes, donc vous êtes habitué-e-s à parler parce que si vous ne le faites pas, quelqu’un d’autre le fera », dit Vandita. « Mais au PIFDH, j’ai appris à prendre des pauses, à reculer, à réfléchir et à réellement devenir plus participative… au point parfois de me taire. Cela m’a appris beaucoup sur moi-même ».

 

Le but de l’approche participative est de fournir une plateforme pour que la voix de chacun-e soit entendue, que leurs expériences soient partagées et que leurs points de vue soient considérés. Le contenu qui naît de cette approche est unique et divers, les gens entendent des récits vécus personnellement sur les impacts de problèmes sociaux à travers le monde. Pour plusieurs participants, cet aspect est la principale idée à retenir du programme.

 

 

L’un des bénéfices du PIFDH, pour Vandita, a été d’être capable d’apprendre comment les stratégies basées sur l’éducation aux droits humains fonctionnent dans différents pays.

 

« [Le PIFDH est] un endroit formidable pour comprendre ce que les autres personnes font de bon », dit Vandita. « Cela vous aide à réutiliser ces bonnes pratiques dans ce que vous faites, et aussi à réfléchir à ce que vous faites de bien et de mal ».

 

One Future Collective offre des formations aux groupes et aux personnes, aux organisations et aux établissements d’enseignement et les adapte aux besoins des communautés dont elle s’occupe.

 

Photo de OneFutureCollective.org

 

Par Katelyn Thomas, stagiaire en communication pour Equitas en 2018.

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