Stimuler l’engagement jeunesse en Tunisie

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NAWRES CHRITI – Tunisie

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

« Mon rêve est de lutter contre la discrimination dans le monde, contre les inégalités entre les sexes, contre la violence fondée sur le genre ». Ces idéaux dictent les actions de Nawres Chriti, une jeune tunisienne pétillante de 24 ans. Son parcours diffère de la majorité des étudiantes de son âge. Entre ses cours de psychologie à la Faculté de sciences sociales de l’Université de Tunis, Nawres est formatrice en droits humains pour les jeunes marginalisés.

« L’objectif de nos formations est de briser leur isolement ».

C’est la révolution de 2011 qui lui donne des ailes pour le début de son implication dans la vie associative universitaire. Elle s’est inspirée du mouvement des jeunes étudiants engagés afin de devenir, elle aussi, une citoyenne active. « Nous avons fait une révolution pour que le pays se dirige vers une transition démocratique. Mais pour une vraie transition démocratique, les gens doivent connaître ce qu’est un droit, d’où l’importance de l’éducation aux droits humains ».

En 2013, elle quitte la Tunisie pour la première fois en direction de Fès, au Maroc. Sélectionnée avec quatre autres jeunes de la Tunisie pour participer au rassemblement régional du projet Mosharka d’Equitas, Nawres y rencontre 25 jeunes de la Jordanie, du Yémen, du Maroc et de l’Égypte. Ce rassemblement aborde la question des droits socio-économiques des jeunes et les incite à planifier des actions citoyennes pour leur région respective. « Le projet Mosharka fait maintenant partie de moi », raconte fièrement Nawres. Son groupe de travail est devenu en quelque sorte une petite famille et chaque membre a pu évoluer et prendre confiance en ses capacités. Et c’est ce qu’elle tente de développer avec les jeunes marginalisés qu’elle forme sur les droits humains. « Beaucoup de jeunes ont des capacités, mais ne savent pas comment les modérer ou dans quel cadre il faut les adapter ».

Conjointement avec ses collègues, Nawres a décidé d’offrir aux jeunes vivant avec un handicap des formations sur les droits humains à partir des connaissances acquises grâce au projet Mosharka. «Les jeunes que nous avons rencontrés à prime abord avaient peur d’être inclus avec des jeunes sans handicap. Pour eux, le regard des autres est difficile […] C’était important de ne pas faire de différence entre les droits des jeunes sans et avec handicap. Les droits sont faits pour tout le monde».

Comment Nawres évalue-t-elle le fruit de ses efforts?

« Lorsque les jeunes demandent à participer à d’autres sessions et formations en droits humains et quand des jeunes marginalisés deviennent eux-mêmes des formateurs ».

Ces formations ne font donc pas simplement contribuer à la réinsertion des jeunes marginalisés à la société tunisienne; elles permettent d’outiller les jeunes afin qu’ils deviennent porteurs de changement social.

« On donne aux jeunes les ressources requises pour qu’ils mettent en œuvre leurs propres formations. Des jeunes, plutôt timides et renfermés, deviennent aptes à prendre la parole et à parler publiquement d’enjeux sociaux ».

Entre la mise sur pied de formations sur les droits des femmes et d’autres abordant la réinsertion sociale des jeunes criminalisés pour leur consommation de drogue, par exemple, Nawres s’intéresse à la participation des jeunes dans l’espace public. La deuxième étape du projet Mosharka, au cours duquel Nawres prendra le rôle de coordonnatrice pour l’équipe de jeunes Tunisiens, aura d’ailleurs pour objectif d’outiller les jeunes leaders à prendre leur place dans la politique locale et nationale. Et à travers toutes ses implications, Nawres élabore le sujet de sa thèse de fin de baccalauréat. C’est tout un avenir qui se dessine pour cette jeune femme de 24 ans!

 


NAWRES CHRITI – Tunisie
Étudiante en psychologie, Faculté de sciences sociales, Université de Tunis
Co-coordonnatrice du projet Joussour d’Equitas
Jeune leader du projet Mosharka d’Equitas, 2013-2016


Histoire rédigée par Paule Portugais-Poirier, rédactrice stagiaire, Equitas.

 

 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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