Salie Thiam, championne des droits des femmes au Sénégal, reçoit la bourse Ruth Selwyn

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La Sénégalaise Salie Thiam la récipiendaire 2017 de la Bourse Ruth Selwyn pour participer au Programme international de formation en droits humains

Salie Thiam à Montréal, au Canada (juin 2017)

 

Chaque année, Equitas en collaboration avec Affaires Mondiales Canada offre la prestigieuse Bourse Ruth Selwyn à une participante du Programme international de formation en droits humains (PIFDH) pour son travail de promotion et de protection des droits des femmes. La bourse rend hommage à Ruth Selwyn, directrice générale d’Equitas pendant plus de 10 ans (1992-2004), qui a grandement contribué à l’émancipation des femmes au Québec et au déploiement de l’éducation aux droits humains à l’échelle mondiale.

La Sénégalaise Salie Thiam, Coordonnatrice du Programme Juridique du Réseau Africain du Développement Intégré (RADI)[1], est la récipiendaire 2017 de la Bourse Ruth Selwyn.

 

Décernée en juin dernier à l’occasion du PIFDH, cette bourse a permis à Salie Thiam non seulement de renforcer ses capacités en tant qu’éducatrice aux droits humains, mais aussi de se doter de nouvelles stratégies d’actions pour renforcer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles au Sénégal.  Elle se compte chanceuse d’être honorée par madame Selwyn.

« Quand j’ai reçu la bourse Ruth Selwyn, j’ai fait un peu de recherche sur le travail qu’elle a fait et j’ai découvert qu’elle était une grande défenseuse des droits des femmes… j’espère lui rendre hommage et d’être à son image ! »

 

L’éducation aux droits humains, une approche essentielle pour renforcer le pouvoir des femmes et des filles

 

En tant que Coordonnatrice du Programme Juridique, Salie Thiam travaille avec tous les départements du RADI pour élaborer des programmes axés sur l’éducation aux droits humains. Elle coordonne l’implémentation des programmes éducatifs dans les 5 bureaux régionaux au Sénégal et fait les suivis sur le terrain pour en assurer le bon déploiement.

Lorsqu’on sait que chaque bureau régional du RADI – aussi appelé Union de groupements Partenaires du RADI (UGPR) – rassemble aujourd’hui plus de 3 000 femmes, on comprend rapidement l’importance des programmes d’éducation de Salie Thiam dans le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et pour assurer un transfert de connaissance et de compétences sur les droits humains auprès des populations vulnérables.

Les Unions incorporent aussi des centres d’information juridique qui facilitent l’accès à la justice pour les femmes victimes de violences basé sur le genre.

 

Salie Thiam, défenseuse sénégalaise des droits des femmes lors du Programme international de formation aux droits humains d'Equitas à Montréal, au Canada

 

Le développement des communautés commence avec elles

 

Ce sont les femmes membres des UGPR qui poursuivent elles-mêmes la majorité des activités dans leurs communautés.

« Ces femmes là…on les a accompagnées, on a renforcé leur capacité en technique de plaidoyer, en droits humains et en décentralisation, » dit Salie Thiam. « On s’est rendu compte qu’à la base, il faut que les communautés puissent s’approprier leurs droits et connaître leurs devoirs en tant que citoyen ; c’est pourquoi il faut les intégrer dans le processus d’élaboration, d’exécution et de suivi des projets. »

Les femmes avec qui Salie Thiam a travaillées élaborent aujourd’hui leurs activités de plaidoyer et dénoncent les violations de leurs droits.

De plus, les UGPR ont des fonds – des Mutuelles d’Epargnes de Crédit – qui accordent des prêts aux femmes pour qu’elles puissent mener des activités génératrices de revenus et ainsi assurer leur autonomisation économique.

Pour la récipiendaire de la Bourse Ruth Selwyn, il n’y a aucun doute : les femmes sont de puissants acteurs de changement qui peuvent compter sur leurs propres forces et capacités pour apporter des solutions aux défis auxquels font face les communautés africaines. En tant qu’éducatrices et éducateurs aux droits humains, notre rôle est de les outiller, de les accompagner dans leurs apprentissages et de les appuyer dans leurs efforts.

 

La promotion et la protection des droits des femmes et des filles, un travail d’alliances et de concertation

 

Certes, malgré les nombreux programmes élaborés pour aider les femmes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, la problématique de la violation des droits des femmes et des filles demeure un défi de taille.

Le PIFDH d’Equitas aura offert à Salie Thiam la possibilité de rencontrer des défenseuses et défenseurs des droits humains de la région et de partout sur la planète travaillant à des questions similaires, et de créer de nouvelles alliances.

« Dans le cadre de notre travail, la violation des droits des femmes et des filles est un problème tellement difficile à éradiquer, donc il faut tout le réseautage et l’alliance qu’on peut faire pour vraiment éliminer les phénomènes des violences basées sur le genre. »

Suite à sa participation au PIFDH, Salie Thiam rejoint maintenant les plus de 3,500 leaders en droits humains qui échangent des bonnes pratiques, stratégies et initiatives sur la communauté en ligne Equitas.

Armée de ses nouvelles connaissances, Salie Thiam nous dit que

« (…) maintenant, grâce au PIFDH, je me sens capable de mieux accompagner les communautés dans la lutte contre les violences basées sur le genre et pour le respect des droits des femmes et des filles. »

Elle retourne au Sénégal prête à prendre son rôle de leader pour l’élaboration de nouveaux projets participatifs, et engagée plus que jamais à faire rayonner les droits de toutes et de tous.

 

Cohorte 2017 du Programme international de formation aux droits humains d'Equitas à Montréal, Canada

Cohorte 2017 du PIFDH

 

[1] Créé en 1985 et basé au Sénégal, le RADI œuvre à l’échelle panafricaine dans plusieurs domaines dont la santé, l’éducation et la bonne gouvernance, et poursuit toutes ses activités suivant une approche fondée sur les droits humains. La lutte contre l’injustice des populations vulnérables, dont les femmes et les filles, est au cœur de ses actions.

 


Par Gabrielle Vendette, Stagiaire aux communications – PIFDH 2017

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Vous voulez en savoir plus sur le pouvoir de l’éducation aux droits humains pour renforcer l’égalité des genres ? C’est un rendez-vous du 30 novembre au 3 décembre 2017 à Montréal pour la 8e Conférence internationale sur l’éducation aux droits humains.

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