Promouvoir le développement inclusif du Pérou par l’éducation aux droits humains

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JORGE SAMANEZ – PÉROU

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

 

 

Jorge Samanez est un spécialiste en pédagogie. Dès le début de sa carrière, il s’intéresse aux méthodes alternatives d’enseignement en opposition à l’éducation traditionnelle, qu’il compare à certains « cartels militaires » dans son pays à cause de ses pratiques rigides. Conscient des inégalités sociales qui traversent le Pérou, son sujet de prédilection est devenu celui des droits humains. Jorge œuvre dans divers milieux : les écoles, les organisations non gouvernementales, ou encore l’État péruvien.  

Son intérêt pour la pédagogie alternative et les droits humains l’a amené à Montréal en 2004 afin de participer au Programme international de formation aux droits humains (PIFDH) d’Equitas. Impressionné par les méthodes participatives d’Equitas, cette formation confirme son intérêt pour l’éducation basée sur l’expérience des participants. Cette formation lui donne un élan pour la mise en œuvre d’activités plus collectives et accessibles à tous les publics, en abordant des thèmes tels que l’égalité, la paix et la dignité personnelle.  

« Investir en éducation est primordial pour le développement. » Selon Jorge, le gouvernement est souvent porté à adopter une vision du développement se limitant à la construction d’infrastructures. Cette approche à court terme se fait ainsi au détriment de changements plus profonds, mais essentiels, tels que le développement inclusif, l’accent sur les mentalités responsables des inégalités et la sensibilisation aux droits humains, qui requièrent nécessairement plus de temps et ne sont pas aussi immédiatement visibles que la construction d’hôpitaux, d’écoles ou autres infrastructures.  

Parler des droits humains, que ce soit de l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore des droits fonciers et de l’accès à la terre, n’est pas toujours chose facile. « Plusieurs groupes s’y opposent, notamment l’aile plus conservatrice de l’église et de l’armée. Une fois, lors d’un atelier dans un village éloigné, un évêque est entré afin de contredire notre prise de position sur les droits des femmes. » 

Prévenir les violations

Entre les années 1980 et 2000, le Pérou a connu un important conflit armé. Près de 25 000 personnes ont perdu la vie ; les populations autochtones ont été les plus touchées. Les violations des droits humains ont été multiples : torture, emprisonnement arbitraire, etc. « À cette époque, j’ai rejoint une ONG spécialisée en éducation aux droits humains et nous voyagions un peu partout dans les régions isolées du pays afin d’informer la population sur leurs droits civils et politiques, afin de limiter les abus. Depuis l’éclatement du conflit, nous faisons la promotion de la culture de la paix afin de ne jamais voir se reproduire de telles atrocités. »  

Pour ce faire, Jorge s’adresse à toutes les sphères de la société : les enseignants, les militaires, les policiers, les populations autochtones, les regroupements féministes, les universitaires. Pour cet éducateur en droits humains, connaître ses droits est synonyme de protection, particulièrement pour les individus les plus vulnérables de la société.

« Certaines femmes que nous avons rencontrées ne sont pas au courant qu’il y a des normes qui empêchent leurs maris d’être violents à leur égard. Cette information devient alors une forme de protection. » 

Lors des dernières années, Jorge a travaillé sur l’élaboration du Plan national d’éducation aux droits humains du Pérou, en collaboration avec un comité de la Direction générale de droits humains du ministère de Justice et Droits humains, afin d’inclure obligatoirement ces thèmes dans le cursus académique. Ce grand pédagogue a développé les actions, les modalités, les objectifs du Plan en collaboration avec la société civile. Cette politique nationale a été adoptée par le gouvernement péruvien dans le but de promouvoir la culture des droits humains à tous les niveaux d’éducation (civil, militaire, universitaire, primaire, etc.). « L’éducation en droits humains deviendra systématique dans le pays si le Plan est bel et bien mis en pratique. », affirme-t-il. 

« La promotion de la paix, des droits de tout un chacun permet d’élaborer des règles de vie pour vivre en communauté ».

Voilà la réelle volonté de Jorge pour le Pérou : une société où les droits de tous sont respectés pour le maintien de la paix et un développement durable. L’éducation aux droits humains est son outil pour y parvenir. Jorge travaille actuellement comme responsable des dossiers des Nations Unies auprès de l’Agence péruvienne de coopération internationale et s’assure d’intégrer un volet éducatif aux différents programmes et plans d’intervention mis en œuvre par la communauté internationale au Pérou. 

* Les propos de Jorge Samanez n’impliquent que lui, à titre d’éducateur aux droits humains, et ne reflètent pas nécessairement les points de vue de son bureau ou de son institution.


JORGE SAMANEZ – PÉROU
Responsable des dossiers des Nations Unies, Agence péruvienne de coopération internationale, Pérou
Participant au Programme international de formation aux droits humains d’Equitas, 2004 


Histoire rédigée par Paule Portugais-Poirier, rédactrice stagiaire, Equitas. 

Le Programme international de formation aux droits humains d’Equitas est en partie réalisé grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

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