Amplifier les voix des jeunes réfugiés à Toronto au Canada

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PHILIP ACKERMAN — Toronto, Canada

 

Cette histoire fait partie de la série Nous sommes le changement en droits humains pour célébrer le 50e anniversaire d’Equitas (#Equitas50). Tout au long de l’année 2017, découvrez les histoires de 50 défenseur-e-s des droits humains. Ce ne sont là que quelques leaders parmi des centaines qui, avec l’appui d’Equitas, changent des vies à travers le monde par l’éducation aux droits humains.

Chaque personne veut et mérite d’être entendue. Cela est d’autant plus vrai pour les enfants à qui l’on doit enseigner que leurs voix ont de l’importance, sachant que se faire entendre est une façon d’être aimé.

Lorsque Philip Ackerman a commencé à travailler au FCJ Refugee Centre à Toronto en 2011, seulement six jeunes assistaient aux réunions de groupe. Aujourd’hui, plus de 50 réfugiés et de jeunes migrants précaires se réunissent régulièrement afin de discuter ouvertement des défis auxquels ils font face, dont la discrimination (raciale, sexuelle et de classe), les barrières linguistiques et l’anxiété. Une de leur principale préoccupation est sans aucun doute leur statut de réfugiés, ayant entre autres des répercussions sur leur éducation et l’accès aux soins de santé.

Bien qu’à première vue les réunions peuvent sembler désordonnées, il existe des règles de base, qui ont été développées par les jeunes eux-mêmes. « Il y a beaucoup de voix qui s’expriment en même temps. Beaucoup de rires! Un manque de structure », affirme Philippe. Il attribue toutefois ce relâchement à l’essor de participation des jeunes du Centre.

« Les jeunes doivent suivre beaucoup de règles dans le camp de réfugiés ou dans la vie en général. Ils ont des règles en fonction de leur statut. Leur donner la liberté d’être tout simplement, sans politiques ou lignes de conduite strictes ; voilà probablement l’une des principales raisons pour lesquelles le groupe connaît autant de succès ».

À ses débuts, le FCJ Refugee Centre concentrait ses efforts, avec des résultats considérables, à l’accroissement de la taille du groupe de jeunes. La participation aux formations d’Equitas Parlons droits en 2012 et en 2013 ont conduit Philip à modifier ses priorités.

 « Nous avons mis l’accent sur l’espace que nous avions et nous l’avons adapté de manière à favoriser l’engagement des jeunes. Nous avons compris ce que voulaient les jeunes et nous leur avons donné ».

Peu de temps après, les jeunes réfugiés et les nouveaux arrivants ont commencé à affluer. Philip estime que plus de 200 jeunes ont participé au groupe au cours des cinq dernières années.

Lorsqu’on prend conscience de ce que ces jeunes ont vécu et ce dont ils ont été témoins, leur offrir un espace sûr est essentiel à l’amélioration de leur adaptation et de leur santé mentale en général. Ces réfugiés d’Afrique, d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient transportent leur propre bagage linguistique et culturel. Ils ressentent souvent de l’insécurité en public en raison de leur statut, de leurs origines, de leur genre ou de leur sexe. En apprenant à accepter chacun pour ses similarités et ses différences et en respectant les différences d’autrui, cela permet d’avoir un impact concret qui va au-delà de la période où ces jeunes participent au groupe.

Le fait de travailler auprès de jeunes réfugiés a permis à Philip de prendre conscience de ses privilèges en tant qu’homme blanc. « Je peux marcher dans la rue la nuit sans m’inquiéter de ma sécurité ».

Le changement de sa vision du monde représente un cadeau et Philip a choisi de redonner en « utilisant [ses] compétences et [son] expérience pour amplifier la voix des jeunes. Cela signifie aussi d’être à l’écoute des jeunes afin de savoir comment [il] doit s’y prendre pour y arriver ».

Il y a environ 50 millions de réfugiés dans le monde et on estime que plus de 50 % d’entre eux sont des enfants de moins de 18 ans. Environ 26 000 réfugiés arrivent chaque année au Canada, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. À ceux-ci s’ajoute le grand nombre de personnes sans statut ou avec un statut précaire. Cela fait beaucoup de voix qui demandent à être entendues.

 


PHILIP ACKERMAN — Toronto, Canada
Coordonnateur du développement des ressources et des activités jeunesse, FCJ Refugee Centre
Organisateur de l’activité d’Equitas sur les migrations et les jeunes, 2016
Organisateur de la conférence sur la jeunesse (parrainée par Equitas), 2014
Participant au programme Parlons droits d’Equitas, 2012-2013


Histoire rédigée par Deborah Kevin, Our Tales Untold, www.OurTalesUnTold.com
Membre
 de l’Association of Personal Historians

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