Partout au Canada, de nombreux jeunes se heurtent à des obstacles qui les empêchent de se faire entendre sur des questions touchant à leur sécurité, à leur bien-être et à leur sentiment d’appartenance. Grâce à ses programmes d’éducation aux droits humains, Equitas aide les jeunes à renforcer leurs compétences en matière de leadership, à faire entendre leur voix et à participer de manière significative à la construction de communautés plus sûres et plus inclusives. Le programme Bâtir des communautés plus sûres offre aux jeunes la possibilité d’influencer un véritable changement.
Le parcours d’Anisa Abduhamedova démontre ce qui peut se produire lorsque les jeunes sont non seulement inclus, mais aussi encouragés à prendre leur destin en main.

Anisa a 18 ans et vit à Vancouver, en Colombie-Britannique. Ayant grandi en ville, elle a remarqué des endroits où elle ne se sentait pas en sécurité, que ce soit en se rendant à l’école à pied tôt le matin ou en rentrant chez elle en transports en commun après ses activités du soir. Elle estimait également qu’il n’y avait pas suffisamment d’espaces accueillants pour les jeunes.
« Je voulais comprendre comment les décisions concernant notre ville étaient prises et si les jeunes pouvaient réellement les influencer. J’avais l’impression que les jeunes étaient généralement affectés par les politiques, mais rarement impliqués dans leur élaboration. »
Au départ, Anisa voyait la sécurité de son propre point de vue : des rues plus sûres, des transports en commun plus efficaces et davantage d’endroits où les jeunes pourraient se sentir à l’aise. Écouter des jeunes issus de différents quartiers lui a permis d’élargir sa vision.
« Pour certains jeunes, la sécurité, c’était d’avoir un endroit où aller après l’école ; pour d’autres, c’était simplement de rentrer de l’école sans avoir peur. La sécurité ne se résume pas à prévenir les dangers. Il s’agit aussi de créer des communautés où chacun.e a le sentiment d’avoir sa place. »
Lorsqu’Anisa a rejoint le programme en 10e, en tant que membre du Comité d’action des jeunes, elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Bien qu’elle eût déjà participé à des initiatives de leadership étudiant et à des conseils de jeunes, elle ignorait que les jeunes pouvaient travailler directement avec la ville ou s’adresser aux personnes décisionnaires.
« Avant ce programme, je ne croyais pas vraiment que les jeunes avaient leur place dans les discussions gouvernementales. C’est en participant à Bâtir des communautés plus sûres que j’ai eu pour la première fois le sentiment que les adultes voulaient sincèrement entendre ce que les jeunes avaient à dire. »
En l’espace de trois ans, le rôle d’Anisa a évolué : d’abord participante, puis animatrice, puis conseillère.
En 10e, elle a contribué à la stratégie municipale de prévention de la violence chez les jeunes, a fait part de ses commentaires et a réfléchi à la manière dont les jeunes pourraient s’impliquer. Elle a également travaillé sur des idées telles que des arrêts de bus plus sûrs et des ateliers destinés aux élèves du secondaire.
En 11e, Anisa est devenue l’une des cinq ambassadrices du programme « Youth Voice ». Elle a réalisé une vidéo présentant des entretiens avec des jeunes du quartier Downtown East de Vancouver sur la sécurité dans les rues, afin de savoir si ces jeunes se sentaient écoutés et sur les changements qu’ils et elles souhaitaient voir mis en place. La vidéo a été présentée lors d’un forum de jeunes réunissant plus de 100 participant.e.s, puis lors d’un sommet d’animation jeunesse. Elle a également animé des discussions avec des jeunes lors de ce forum et pris la parole à l’hôtel de ville.
« Me retrouver face au maire et aux conseillères.ers municipaux était intimidant, surtout en sachant que je ne représentais pas seulement moi-même, mais aussi les expériences de tant d’autres jeunes. Avec le recul, cela a été l’un des moments qui m’ont aidée à gagner en confiance. »
👉🏽 En 12e année, Anisa était devenue conseillère jeunesse. Avec son équipe, elle a mobilisé plus de 150 jeunes issus de plus de 16 établissements scolaires et de huit quartiers et ont ensemble animé des ateliers sur la sécurité, le sentiment d’appartenance et les expériences vécues, puis ont traduit ces réflexions en recommandations à l’intention de la ville de Vancouver. Animer des discussions sur la sécurité s’est avéré difficile, car les jeunes partageaient parfois des expériences personnelles.
« Je voulais m’assurer que chacun.e se sente respecté et à l’aise pour s’exprimer. Cela m’a appris que l’animation ne consiste pas à parler le plus possible. Il s’agit plutôt de créer un environnement où les autres se sentent suffisamment en sécurité pour s’exprimer. »
Anisa est particulièrement fière d’avoir contribué à offrir à d’autres jeunes la possibilité de se faire entendre.
“« J’espère que les participants sont repartis avec le sentiment que leurs expériences comptaient. Je pense que c’est l’une des choses les plus importantes que l’on puisse offrir à quelqu’un : le sentiment que sa voix a de la valeur. »
Ce programme a également changé sa compréhension du leadership.
« Avant, je pensais que le leadership consistait à avoir de bonnes idées et à s’exprimer avec assurance. Aujourd’hui, je pense que le leadership commence par l’écoute. Un leadership authentique ne consiste pas à être celui ou celle qui parle le plus fort dans la pièce. Il s’agit de veiller à ce que la voix de chacun soit également entendue. »
Pour Anisa, la participation des jeunes est essentielle, car les jeunes perçoivent les espaces publics différemment des adultes.
« Nous remarquons des problèmes que d’autres pourraient négliger, car nous les vivons au quotidien. Si les décisions sont prises sans impliquer les jeunes, elles passent à côté d’un point de vue important. »
Son message aux autres jeunes est clair :